Les petites graines du Bénin

Quitter un pays dont on ne foulera peut-être plus jamais la terre, c’est toujours un déchirement. Le Bénin, un des pays les plus pauvres du monde – il est classé 165e sur 187 en matière de développement humain – en particulier. Il y a des images, des visages qui restent, indélébiles. Tant de “vues d’ensemble” (les Béninois appellent ainsi les photos de groupe) qui resteront gravées dans nos rétines.

Que deviendront, loin des yeux, loin du cœur, Hervé et Nicolas, enfants de la rue à Cotonou  ? Comment grandira la fillette de Simon Djoï ? Cet adorable bébé de quelques mois a la chance de vivre dans une belle maison, en dur, dans les beaux quartiers de Parakou. Son père, ancien élève du Centre de formation professionnelle de Don Bosco, rêve pour elle et ses autres enfants d’une “plus belle vie” que la sienne. “Je ne veux pas que mes enfants souffrent autant que moi”, explique-t-il. La belle maison n’est pas tombée du ciel. Elevé dans une famille pauvre, Monsieur Simon a saisi la chance qu’on lui tendait  : il a étudié d’arrache-pied, suivi une formation en menuiserie, monté sa propre entreprise.

Il ne faut jamais baisser les bras, toujours s’accrocher, résister, dit-il. Son témoignage fait mouche et marque les élèves de l’Institut Emile Gryson, à Anderlecht. Il y a Ipek, Jamila, Imane, Inas, Chaima, Yousra, Maud, David, Ayoub, Diana, Weronicka, Iptisam, Stéphanie, Alexandra, Sihame et Oumaima, tous en dernière année dans la filière agents en éducation. Ils veulent devenir institutrice, éducateur, professeur, policier ou infirmière. Tous doivent encore tracer leur route. Ce séjour d’immersion au Bénin fut une grande chance pour découvrir une autre réalité que la leur.

En remontant dans le bus, on sent que monsieur Simon a planté une petite graine dans leurs têtes, dans leurs cœurs. Elle germera demain, dans trois mois ou plus tard encore. Mais elle germera.

Un peu plus loin sur la route qui retourne au centre de Parakou, arrêt-minute devant l’atelier de Boniface, mécanicien. Il grimpe à bord pour quelques instants. Le sourire est là et les mots touchent, encore. Le temps manque hélas pour une vraie rencontre. Ce sera pour une autre fois, croit Boniface. Une autre fois  ?“Seules les montagnes et les collines ne se croisent pas. Les hommes se croisent toujours. C’est une chose à laquelle on croit ici”, lance-t-il.

A-wà-nu kaka (merci beaucoup, en dialecte fon), M. Boniface.

Quitter le Bénin, c’est difficile. Il y aura peut-être une autre fois.

Source : LaLibre.be


Pour ne plus louper les actualités en continu sur le Bénin,

Suivez nous sur Facebook : @Beninto.info

Suivez nous sur Twitter : @BenintoInfo

Commenter depuis Facebook

commentaires

Cet article a été lu 899 fois