Ils forment des pompiers africains

Les sapeurs pompiers béninois ont reçu des formations sur le contrôle hémorragique et la stabilisation des membres à l'aide d'attelles.

Des pompiers québécois ont rencontré des premiers répondants du Bénin, du Togo et de Madagascar. Au terme d’une mission humanitaire en Afrique, une vingtaine d’aspirants pompiers québécois et leurs mentors croient que plusieurs vies pourront être sauvées grâce aux formations données aux premiers répondants africains.

C’est avec les bras grands ouverts et une immense soif d’apprendre que des sapeurs du Togo, du Bénin et de Madagascar ont accueilli quelques étudiants en sécurité incendie du Collège Montmorency et leurs enseignants le 26 mai dernier.

Chose certaine, les participants ont été impressionnés de voir que les pompiers locaux travaillent avec très peu de moyens.

La charge de travail est énorme pour le nombre de sapeurs disponibles, mais le manque de formation semble être le noyau du problème, a raconté Michael Therrien, un pompier enseignant au Collège Montmorency qui accompagnait un groupe au Bénin.

Par exemple, les Québécois ont expliqué comment soigner convenablement des plaies ouvertes.

«Dans leur procédure, au Bénin, c’était d’appliquer une pression, et si ça saigne encore, ils mettent un garrot, a raconté M. Therrien. Mettre un garrot signifie arrêter la circulation sanguine dans le membre, ce qui très souvent résulte en l’amputation du membre.»

Manque d’eau

Les conditions dans lesquelles doivent travailler les sapeurs africains sont absolument déplorables, racontent les participants.

Non seulement n’ont-ils jamais reçu de formation adéquate, mais ils sont complètement dépourvus de matériel.

Parfois, ils doivent regarder des résidences ou des bâtiments se transformer en tas de cendres parce qu’il n’y a pas d’eau pour éteindre les flammes.

De retour au pays depuis le 14 juin, Michael Therrien estime que l’expérience a été la plus enrichissante de sa vie.

Ce qui a le plus frappé ce sapeur québécois, c’est l’accueil reçu, le respect désarmant avec lequel son équipe a été traitée et l’énorme motivation des pompiers locaux.

«Nous sommes traités comme des invités présidentiels, a-t-il dit. Le sergent-chef [plus haut gradé de la caserne] nous offre sa place dans le véhicule lorsque nous nous déplaçons.»

Les pompiers africains sont responsables d’éteindre les incendies, mais aussi de se rendre sur les lieux de tous les accidents de la route, de désincarcérer les passagers et de faire tous les transports à l’hôpital.

«Dans le fond, ils font tout, sauf de la police», a expliqué M. Therrien.

Plusieurs dons

Pour pallier certains de ces problèmes, la mission CanadAfrique a fourni une panoplie d’équipements cette année, comme des appareils respiratoires, du matériel médical et des outils divers pour combattre les incendies.

Le matériel usagé envoyé en Afrique vaut, neuf, 500 000 $, tandis que l’équipement neuf vaut 20 000 $.

Des activités de financement organisées par les étudiants ainsi que le financement de certaines villes comme Montréal, Saint-Jérôme et Pincourt ont permis à la mission d’être aussi généreuse.

La mission CanadAfrique a été créée en 2012 par Michel Pelletier, enseignant au collège et pompier.

Bien que le fondateur du projet ne soit pas allé en Afrique cette année, il a participé de près ou de loin à l’élaboration de chacune des missions depuis leur création.

«Je ne prends plus ma douche de la même façon, a raconté M. Pelletier. Quand je vais à l’épicerie et que je vois 50 sortes de céréales différentes, ça me rend fou!»

Source : Journal de Québec

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