Résolution des crises :Talon sur plusieurs fronts

Le nouveau président béninois Patrice Talon

Au Palais de la présidence, le chef de l’Etat a décidé de prendre le taureau par les cornes en s’impliquant personnellement dans la résolution des crises restées sans issue sous ses prédécesseurs. Crises dans le football, chez les Protestants, les agitations autour des chefs-lieux de département. La liste sera longue. Patrice Talon est sur le point de régler plusieurs questions qui divisent les acteurs d’un même groupe.

Le round d’observation est bel et bien terminé. Le chef de l’Etat est en train de dérouler son rouleau compresseur qui n’épargne aucun domaine. Le volet dialogue et médiation de son quinquennat sera en grande partie géré par lui-même. Déjà les premiers pas sont rassurants ou du moins commencent par se révéler productifs. Alors que ses prédécesseurs n’ont pas réussi à déminer la tension dans le dossier de la désignation des chefs-lieux, Patrice Talon s’offre une tournée d’explication et de vérité pour échanger avec les cadres des régions contestataires aux réformes. Savalou, Bohicon, Ouidah où il s’est rendu avant de faire passer ses choix en Conseil des ministres du mercredi 22 juin dernier n’ont pas eu ce privilège sous les régimes précédents. Nicéphore Soglo, Mathieu Kérékou et Yayi Boni ont préféré ne pas appliquer les conclusions des rapports successifs produits dans le cadre du nouveau découpage territorial, tant l’exercice était risqué et politiquement suicidaire. 12 départements, 21 ou encore 28, toutes les propositions existaient déjà, mais il a fallu Patrice Talon pour voir les choses bouger. L’actuel chef de l’Etat n’a rien inventé. Il n’a fait qu’appliquer ce qui était fait et connu de tous. Dans ce genre de prise de décision, beaucoup auraient imaginé qu’il opterait pour la proposition qui prévoit plus de 12 départements, ce qui réduirait l’éventail des Communes « rebelles », mais il a préféré l’option la plus raisonnable avec des arguments solides. Ainsi, publiée, la nouvelle carte administrative ne souffre pas de grandes contestations en dehors de Savalou, et Ouidah dans une moindre mesure, qui estiment qu’elles pourraient porter la charge au détriment de Dassa et Allada, respectivement pour les Collines et l’Atlantique. Et puis les agitations notées à Savalou après la publication des chefs-lieux sont sans doute l’œuvre de manipulations politiques. C’est un classique au Bénin. Que ceux qui pleurnichent reviennent sur terre pour saluer tout au moins le courage du chef de l’Etat, qui savait bien qu’il prenait un risque dans ce dossier.

Deux autres crises majeures

Alors qu’il n’a pas fini d’attirer les sympathies vers lui à propos de ce dossier, il se lance dans le règlement de la crise chez les protestants. Une crise qui a tant divisé les fidèles, désuni les familles, cassé les couples dont les manifestations les plus déplorables se traduisent par des dommages corporels et dont les souvenirs sont encore vivaces, connaît un début de solution. La médiation du président Talon acceptée par toutes les parties en conflit a montré ses premiers effets hier avec la cohésion, peut-être de façade qui a régné au culte d’Akpakpa Place Lénine en présence du chef de l’Etat. Il a délivré un discours rassembleur en montrant qu’ils ont tous intérêt que la paix revienne dans le temple de Dieu. Il a proposé une transition d’un an à l’issue de laquelle, le compromis sera trouvé pour confier les rênes de l’Eglise à un Pasteur de consensus. Sur le même registre, le président de la République a tenté de réconcilier les acteurs du football, après plusieurs échecs successifs relevés par le passé. La rencontre de réconciliation au Palais de la République la semaine dernière à l’initiative de Patrice Talon, montrant les trois camps protagonistes autour d’une même table, est un bon signe pour le dénouement de cette situation. Anjorin Moucharafou, Augustin Ahouanvoébla et Victorien Atolou devraient accepter la proposition du chef de l’Etat, de mettre en place une transition de deux ans. Si face à de telles situations la réponse du président de la République sous le régime défunt, était de montrer le chemin du dialogue aux protagonistes et non d’apporter son soutien à un camp, la division n’aurait pas gagné autant de couches socioprofessionnelles et religieuses.

Source : Actubenin

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