Bénin : les activités de lavage auto-motos dans les grandes villes apaise le chômage

Station de lavage auto-moto à Cotonou.

En multipliant leurs génies créateurs face au problème de chômage, les jeunes béninois, notamment les diplômés sans emploi et même les conducteurs de taxis-motos, s’adonnent aux activités de lavage auto-motos dans les grandes villes du pays où se foisonnent les stations de lavage auto-motos.

« Je me suis retrouvé en chômage après l’obtention de mon certificat de fin d’apprentissage en mécanique industrielle. Ainsi, pour joindre les deux bouts, j’ai créé une station de lavage auto-motos, qui après seulement deux mois d’activité m’a permis d’être à l’abri des besoins financiers », a confié à Xinhua Mesmin Dossou, gérant d’une station de lavage auto-motos à Cotonou, la capitale économique béninoise.

Bien qu’en étant dans le secteur informel, ces activités de lavage auto-motos, notamment, le lavage simple, le lavage avec aspirateur et le lavage du moteur génèrent beaucoup d’emploi et permettent, non seulement aux jeunes diplômés sans emploi de trouver leurs premières sources de revenu, mais aussi à certains conducteurs de taxi-moto de se reconvertir.

 

« Avec l’avènement de la téléphonie mobile, la majorité de nos clients préfèrent communiquer au téléphone que de se placer. Par conséquent, notre activité de zémidjan (la conduite de taxi-moto) a chuté et nos revenus journaliers sont revus à la baisse. Face à cette difficulté, je me suis orienté vers le secteur de lavage auto-motos qui me procure assez de bonheur depuis ma reconversion, il y a deux ans », a affirmé Pierre Kodjovi, gestionnaire d’une station de lavage auto-motos à Cotonou.

Ainsi, les activités de ces stations de lavage auto-motos qui se foisonnent de jour au jour aux abords des artères et ruelles des grandes villes du pays, notamment Cotonou, Porto-Novo, Ouidah, Parakou et Natitingou, sont très rentables et permettent de nourrir bien de familles, selon les acteurs qui exercent ce métier.

A en croire Mesmin Dossou, gérant d’une station de lavage auto-motos dans la capitale économique béninoise, les prix varient selon les types d’engins.

« Nous prenons 400 francs CFA pour les motos dames, 500 francs CFA pour les motos à embrayage et 1.000 francs CFA pour les voitures », a-t-il indiqué, précisant que ces prix varient également d’une station de lavage à une autre.

« Chez moi, les engins se lavent à 500 francs CFA, les petites voitures 1.000 francs CFA et les grosses voitures 1.500 francs CFA », a renchérit Firmin Assogba, un autre gestionnaire de station de lavage auto-motos à Cotonou.

Selon lui, cette variation du coût dépend en partie de la qualité du service, de la structure mais aussi et surtout des honoraires des collaborateurs, qui sont d’ailleurs payés en fonction de leurs prestations.

Ainsi, avec un bénéfice journalier allant de 10 à 20 mille francs CFA, la plupart des acteurs de ce métier se retrouvent avec plus de 300 mille francs CFA par mois.

Depuis le gel des recrutements systématiques des jeunes béninois, à la fin de leur formation, dans l’administration et les entreprises publiques, en raison des mauvaises conditions macro-économiques et de la mauvaise gestion des ressources publiques à la fin des années 1980, le chômage des jeunes diplômés est devenue un problème crucial.

Ainsi, selon une récente étude réalisée par le programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Bénin reste confronté aux défis croissants du chômage et du sous-emploi, véritables menaces à l’atteinte des objectifs de développement durable.

« Certes, comparé à la moyenne mondiale (qui est de 9,2% en 2012), le taux de chômage au Bénin parait relativement moins grave. Mais il faut noter qu’il a connu une évolution ascendante ces dernières années, passant de 0,7% en 2007 à 2,6% en 2011. Il frappe plus les femmes (2,8%) que les hommes (2,4%) et plus en milieu urbain (4,3%) qu’en milieu rural (1,4%) », révèle la même étude.

Source : Xinhua

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