Les chefs d’Etat d’Afrique et du monde arabe en conclave à Malabo

La capitale de la Guinée Equatoriale abritera, du mardi 22 au jeudi 24 novembre, la 4e édition du sommet des chefs d’Etat d’Afrique et du monde arabe. Une soixantaine de délégations dont des dizaines de chefs d’Etats et de gouvernement sont attendus à l’évènement qui se tiendra sous le thème du développement durable et la coopération économique. Les pays arabes, particulièrement ceux du Conseil de coopération du Golfe (CCG) entendent aussi profiter du potentiel d’opportunités que recèle le continent.

Après le Koweït en 2013, c’est autour de la capitale équato-guinéenne d’accueillir, du 22 au 24 novembre, le sommet des dirigeants africain et du monde arabe. Près de 70 délégations dont une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement, ont confirmé leur participation à cet évènement placé sous l’égide de l’Union africaine et qui se tiendra sous le thème du « développement durable et la coopération économique ». Il s’agira pour les participants au sommet, d’élaborer des stratégies communes visant à consolider les liens historiques, économiques et géopolitiques entre les pays africains et ceux du monde arabe dont les relations économiques se sont considérablement renforcées ces dernières années. En prélude à la tenue du sommet, la présidente de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, s’est d’ailleurs entretenu il y a quelques jours avec le conseiller spécial de l’émir du Koweit Mohammed Abou Al Hassan, sur les préparatifs de l’événement. Selon Dlamini-Zuma, « ce sommet jouera un  rôle de moteur pour le renforcement des relations entre l’Afrique et le monde arabe et particulièrement pour le développement de l’Afrique ».

« Dans le contexte de l’agenda 2063, la coopération afro-arabe et la coopération bilatérale entre le Koweït et les pays membres africains se concentre sur les domaines de la recherche scientifique, de la sécurité alimentaire, du commerce et de l’investissement, du développement des infrastructures, et du renforcement du rôle des femmes dans le développement », a commenté la présidente de la Commission de l’UA ». Nkosazana Dlamini-Zuma

Partenariats et investissements

Le Sommet afro-arabe est, selon l’UA, « l’organe politique suprême du partenariat afro-arabe ». Il se réunit tous les trois ans alternativement dans les pays africains et les pays arabes en vue d’adopter le plan d’action et les stratégies à long terme du partenariat entre les deux parties et surtout et évaluer le progrès accompli dans la mise en œuvre des plans et projets déjà lancés. Les trois précédentes éditions du sommet se sont respectivement tenues au Caire en Égypte (Mars 1977), à Syrte en Libye (octobre 2010) et au Koweït (Novembre 2013).  Selon les organisateurs du sommet, le quatrième Sommet afro-arabe servira d’occasion pour examiner les développements dans tous les secteurs définis dans la Stratégie de partenariat. Il suivra également de près la mise en œuvre des 8 résolutions qu’il a adoptées au cours de sa dernière session avec un accent particulier sur les cinq domaines prioritaires du partenariat commun. Il s’agit notamment des questions d’ordre politique et de la lutte contre le terrorisme, du financement du développement  agricole et  de la sécurité alimentaire, de la mise en place du Fonds de réponse aux catastrophes ainsi que de la problématique des phénomènes migratoires. Le Sommet sera précédé des réunions des hauts fonctionnaires des États membres et d’un Conseil conjoint des ministres des Affaires étrangères.

Expansion arabe en Afrique

A travers cet événement qui mettra au devant de la scène internationale la Guinée équatoriale, les pays du monde arabe et particulièrement ceux des pays membres du Conseil de coopération du golfe (CCG) entendent également avancer leurs pions en Afrique. Ce qui tombe bien pour les pays africains en quête d’investissements afin de financer leurs programmes de développement. C’est ce qu’illustre d’ailleurs l’expansion des entreprises arabes en Afrique qui prennent de plus en plus une part importante des marchés au même titre que leurs homologues occidentales ou chinoises. Les investissements arabes se déclinent en alternative pour les pays africains qui multiplient les partenariats bilatéraux et multilatéraux avec les pays arabes dans le cadre d’une stratégie dite de diversification des partenaires commerciaux. En témoigne la visite qu’effectue actuellement le président béninois Patrice Talon aux Emirats arabes Unies et en Arabie saoudite.

Les capitales arabes sont en effet devenues, à l’image de Paris, Pékin ou New York, des escales de premier choix pour les dirigeants africains surtout ceux qui viennent d’arriver au pouvoir et ont plus que les autres besoin de financements frais et sans se sacrifier à certaines conditions d’ordre politique ou géopolitique.

© La Tribune Afrique (FR)


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