Festival MIA : un événement pour récompenser la fleur des instrumentistes en Afrique

Donner une voix aux hommes qui accompagnent les chanteurs, c’est l’idée originale que défend le promoteur du festival des Meilleurs instrumentistes d’Afrique (M.I.A.) qui s’est tenu à Cotonou au Bénin.

 En plus de la compétition entre les différents orchestres, l‘événement s’impose de plus en plus comme un rendez-vous d‘échanges entre les professionnels de la musique acoustique et de l‘événementiel sur le continent.

« J’ai constaté depuis un certain moment que les plus grands awards du monde entier ne sont focalisés que sur les chanteurs alors que c’est nous qui passons des nuits blanches, c’est nous qui nous nous échinons, explique Edgar Djossou, le directeur du festival. C’est nous qui prenons le risque pour monter les scènes, régies, sons, lumières – tout ce que vous pouvez imaginer dans le secteur de l’industrie musicale… Mais il suffit que le chanteur monte sur scène et les applaudissements commencent. Alors je me suis dit, tous ceux qui accomplissent ce travail – à quand leur tour ? Après toutes ces années, j’ai constaté que personne ne pense à ceux-là. Donc, je me suis dit, si personne ne pense à nous, on va penser à nous nous-même ! »

Le Bénin c’est un pays où il y a beaucoup de musiques parce que quand on dit le voudoun, le Bénin, c’est un pays de Voudoun… Voudoun c’est beaucoup de musiques.

Professionnels d’instruments traditionnels, trompettistes, pianistes, compositeurs de séquences live, percussionnistes… Pendant six jours, les meilleurs instrumentistes d’Afrique se sont succédé sur la scène électrisée du festival. Ils sont venus du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria et du Ghana.

« Je fais de la world music agrémentée de highlife, mbalax et de salsa, souligne Fatao Keita originaire justement du Ghana et qualifié pour la finale de la compétition. Quand je me produis à Accra, le public a souvent du mal à croire que nous sommes Ghanéens. Car ce type de musique est atypique au Ghana ».

Le Festival des meilleurs instrumentistes d’Afrique se veut également un rendez-vous où s’opère le passage de témoin entre différentes générations de professionnels de la musique africaine. Pour cette troisième édition, les promoteurs ont choisi de rendre hommage à la carrière du percussionniste béninois Hagbe Sagbohan Danialou, plus connu sous son surnom d’homme-orchestre.

« Le Bénin c’est un pays où il y a beaucoup de musiques parce que quand on dit le voudoun, le Bénin, c’est un pays de Voudoun… Voudoun c’est beaucoup de musiques, beaucoup des mélodies, beaucoup de percussions. Chacun de son villages est habitué à une musique d’abord, il y a des chansons que nous chantons, mais ne connaissons pas les auteurs ».

Autre hommage lors du Festival des Meilleurs instrumentistes d’Afrique, celui rendu au batteur et percussionniste d’origine ivoirienne Paco Séry qui a fêté son soixantième anniversaire cette année.

Par: William Bayiha

© Africanews


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