Après Haïti, Pica se tourne vers le Bénin

Bénévoles de l'association PICA sur le terrain

Retour du Népal, urgence à Haïti, les pompiers bénévoles de Pica ont été mis à rude épreuve cette année. En 2017, nouveau projet : équipement et formation à Abomay-Calavi, près de Cotonou.

Ils ont une nouvelle fois lourdement été mis à contribution. Mais les bénévoles de Pompier international des Côtes-d’Armor (Pica) semblent terminer l’année avec une énergie intacte. Un petit coup d’œil dans le rétroviseur : 2016 a été marquée par les suites de leur mission au Népal, par l’envoi de deux équipes en Haïti. En 2017, nouveau projet, c’est un partenariat au Bénin qui se profile, ils y travaillent depuis presque un an.

« 2016 a été une année un peu charnière », explique Benjamin Le Goff, le vice-président de l’association. « Suite au retour du Népal, l’accent a été mis sur l’achat de matériel. » De gros investissements pour la petite équipe. Il a fallu à la fois refaire les stocks et tirer les leçons de l’expérience précédente.

« Ça a représenté 12 000 € de matériels divers, aussi bien de la potabilisation que du médical, de la logistique ou du secours », détaille-t-il.

Mission d’évaluation

Autre gros dossier de l’année écoulée, la mise en place d’un partenariat au Bénin. « Nous avons échangé toute l’année pour préparer une mission d’évaluation. » C’est l’association briochine Bénin Base qui les a mis en contact avec le centre des pompiers d’Abomey-Calavi, tout près de Cotonou, la capitale économique.

« Dans la tête des gens, c’est vrai qu’on nous associe beaucoup aux situations d’urgence », admet Nadia Georges, la présidente. Mais le soutien et la formation aux pompiers et secouristes du monde entier fait aussi partie des buts fondamentaux que s’est fixé le groupe.

« Nous avons terminé une mission de 3 ans en Haïti, nous allons sans doute repartir pour trois ans avec le Bénin », reprennent-ils. Benjamin Le Goff, pompier professionnel à Guingamp, et Loïc Chaure, jeune retraité des sapeurs-pompiers de Saint-Brieuc, seront sur place du 8 au 17 janvier.

 « Nous allons voir les besoins, sur place, et si ce que nous pouvons proposer correspond », explique le Guingampais. Mais aussi « prendre attache avec les personnalités locales et bien poser les choses avec les pompiers locaux. »»

La mission, à l’origine prévue pour octobre, a été décalée suite à l’ouragan Matthew, qui a ravagé l’ouest d’Haïti. Deux équipes de Pica se sont relayées là-bas.

Convoyer un fourgon-pompe

À Abomey-Calavi, ils feront le point sur le matériel et sur les compétences techniques. Faut-il des lits pour la salle de gardes ? Des tenues de protections ? Un accord existe avec le Service départemental d’incendie et de secours des Côtes-d’Armor. « Ils vont nous donner un fourgon pompe-tonne, l’objectif sera de le réaménager pour le rendre le plus polyvalent possible et de le convoyer par bateau vers la fin 2017. » Ils imaginent pouvoir y ajouter 6 ou 7 tonnes de matériel, reste à trouver les 4 000 à 5 000 € nécessaires au transport.

Côté formation, les équipes sur places sont confrontées à de très graves accidents de la route, avec régulièrement de nombreux morts et blessés, et peu de moyens. « On verra comment améliorer la prise en charge sur des accidents avec de nombreuses victimes. Ils sont aussi demandeurs de formations sur des techniques de sauvetage, par exemple sur corde, ou par déblaiement : souvent ils ont du matériel en dotation mais des formations incomplètes. »

Au reste de l’équipe il restera le travail de logistique, pour reconstituer notamment le matériel après Haïti, mais aussi celui de pédagogie : aussi bien pour recruter de nouveaux membres que pour rendre compte à ceux qui les soutiennent, ils vont reprendre leur bâton de pèlerin. Prochaines étapes : la Galoupadenn des Timouns, le 8 janvier, et un « loto solidaire », le 29 à la salle des fêtes de Boqueho.

© Ouest France


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