Murtala Sacko a la diplomatie dans le sang

Le couple Murtala Sacko dont l'époux (g) est entraîneur des footballeurs de Creil (PH)

Fils d’un diplomate béninois, l’entraîneur de Creil (PH) reste profondément imprégné de son héritage culturel familial.

«En toute humilité,j’ai toujours pressenti que je ne finirais pas à l’usine. » Ces quelques mots sont signés Murtala Sacko (39 ans), l’entraîneur de Creil (PH), qui n’a pas oublié d’où il vient. Né à Bruxelles le 18 mai 1977 alors que son père, de nationalité béninoise, occupait un poste de diplomate à l’ambassade de son pays d’origine, ce titulaire d’une licence en ressources humaines et d’un master en psychologie comportementale semblait davantage prédestiné à batailler dans l’arène politique que sur les stades de football.

Murtala Sacko a pourtant tracé sa propre voie dans son sport de prédilection, tout en restant profondément influencé par l’environnement dans lequel il a grandi, fait de rencontres de haut rang ou de voyages en voiture diplomatique. « Quand tes parents reçoivent des hommes d’Etat à la maison, cela te conditionne à bien te tenir en toutes circonstances et à mieux supporter le poids de la représentation », souffle Sacko qui, enfant, était fasciné par le métier de son père.

« J’ai vite appris à observer, décrypter les regards et prendre du recul sur le monde », glisse celui qui s’adapte facilement partout où il pose ses valises, du Bénin, où il vit de 4 à 10 ans, en passant par les cités de Sarcelles (Val-d’Oise), qu’il quitte au milieu des années 1990 pour emménager à Puiseux-le-Hauberger, puis Chantilly et maintenant Chambly. « Je pars du principe que le simple ton d’une discussion peut en changer la finalité, assure-t-il. Je sais aussi qu’il est capital de savoir rester campé sur ses convictions,même si le bateau tangue. Tout est question de forme et d’équilibre… »

Un terrain d’expression pour ses idéaux
Cette philosophie, ce père de deux enfants ne la laisse pas de côté quand, en 2015, il signe à Creil, un club à la réputation alors sulfureuse. Un défi pour Sacko, qui trouve là un terrain d’expression à ses idéaux. « Ma famille s’attendait à ce que je prenne la même direction que mon père. Mais pour moi, on peut toucher la vie des gens autrement que par la politique. »

Résultat, il ne fait aucun compromis dans son entreprise d’apaisement du club de PH. « Avant de signer à Creil, j’avais fait une sorte de mini-audit. Et, franchement, ce club ne ressemble à aucun autre. Le vivier de joueurs est incroyable, et le gâcher, c’est péché. Mais à l’époque, j’avais senti tout un club frustré, se sentant mal aimé, joueurs comme dirigeants. Dans le fond, c’était justifié : l’image que l’on donne est très importante, et c’est cela qu’il fallait changer. A force d’argumenter, j’ai convaincu les dirigeants. On a mis dehors tous ceux qui étaient trop dispersés. Finalement, tout n’est pas qu’une question de talent… »

© Le Parisien 


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