Une amie du Bénin (ex-Dahomey) jette le pont culturel entre l’Afrique et Haïti: Une initiative louable

Une nouvelle année vient de commencer. Personne ne sait ce qu’elle nous réserve. Les activités de fin d’année au niveau musical paraissaient fructueuses. Les groupes les plus connus avaient honoré des contrats un peu partout. Mais si l’on dresse un bilan global de l’industrie musicale haïtienne pour l’année 2016, on verra que rien n’a vraiment changé. Ce qui permet de conclure que le compas direct est encore au stade d’une musique communautaire, qui se joue simplement pour une clientèle haïtienne. Il est temps que cela change.

Une lueur d’espoir pour l’année 2017

Les bals en weekend ne peuvent pas faire avancer cette forme de musique populaire. Certains musiciens de l’univers compas direct se perdent profondément dans un rêve diurne infini. Ils se disent toujours: tant que les Antilles existent, le compas ne mourra pas. Al kwè sa. Combien de contrats honorent-ils annuellement aux Antilles? Peu ou aucun! Ils doivent surtout se rappeler que le compas direct a été une fois censuré aux Antilles pour permettre l’émergence du zouk. Et cela avait porté fruit. Ne serait-il pas de bon ton d’accorder plus d’heures d’antenne à la diffusion du compas direct quotidiennement? Aucun groupe musical haïtien ne peut prouver qu’il a déjà vendu entre 50 000 et 100 000 disques aux Antilles ou ailleurs? Un chiffre de vente que le groupe dominant l’univers zouk a réalisé. Il est temps que les artistes haïtiens comprennent qu’il n’y a pas que les Antilles comme marché. Il faut qu’ils explorent d’autres horizons. Les administrateurs / managers de groupes doivent se mettre au travail plus sérieusement, de façon beaucoup plus professionnelle pour ouvrir le cadre. Ne parlons même pas de distribution de disques dans notre milieu, puisqu’il n’existe aucune compagnie assurant un tel rôle. Certains membres de la presse culturelle haïtienne, principalement des opérateurs de réseaux sociaux, organisent leur traditionnel « Music Awards- Prix de la musique » pour rendre hommage aux artistes. Ces organisateurs ont, sans aucun doute, considéré comme critères : le nombre de disques vendus en 2016 par les groupes compétiteurs, la nature des textes et les messages qu’ils convient. Ils n’ont peut-être pas négligé la forme et le fond des compositions musicales des concurrents. Si ces suggestions n’ont pas été prises en considération, tant pis. Cela ne peut empêcher que la nouvelle année soit meilleure pour les orchestres et musiciens haïtiens. Car une lueur d’espoir s’annonce pour 2017, puisqu’une amie béninoise de longue date, Mme Nahum, veut jeter et souder le pont culturel entre l’Afrique et Haïti.

Le retour à la source africaine

L’Afrique demeure une source intarissable d’inspiration artistique. Haïti et Bénin sont étroitement liés par le sang, la culture et l’histoire. Il faut qu’on revigore les relations culturelles entre l’Afrique et Haïti, particulièrement celle qui lie Bénin à Haïti. Considérant ce projet culturel comme un tremplin, que propose notre amie béninoise, les musiciens, les peintres, les artisans, les écrivains, etc, doivent profiter de ce podium pour étaler la richesse et la diversité culturelles à travers tout le continent africain.

Les contacts sont déjà établis et nous n’avons besoin ni des services d’appui d’un quelconque gouvernement haïtien, ni du ministère haïtien de la Culture, pour aider à l’avancement et au progrès de notre culture. Mme Nahum est animée du désir et de la volonté de souder solidement le pont et de rétablir ce lien historique et culturel entre Bénin et Haïti. En notre présence, elle a informé la mairie de sa ville natale pour parler de la diversité culturelle d’Haïti et des possibilités d’échanges entre l’Afrique et Haïti.

C’est un projet de grande envergure dont la concrétisation pourra aider tous les artistes haïtiens d’hier et d’aujourd’hui. Dernst Emile a été déjà mis en contact direct avec elle, au moment où elle était venue nous visiter à la maison. Mme Nahum voudrait que toutes les formes de musiques haïtiennes soient considérées et mises en valeur. Elle a eu le temps d’auditionner chez nous toutes les musiques de notre discothèque privée, allant de sérénade au compas direct en passant par les styles troubadour, racine, jazz kréyol, rara, rap kréyol, etc.

L’histoire a bonne mémoire et elle guide les peuples

L’Haïtien cultivé ne nie pas son origine. Nèg Ginen, nèg Dahomey! Aujourd’hui, les deux battants de la porte du retour s’ouvrent bien grand aux fils d’anciens esclaves haïtiens conscients de leur origine africaine. Ils seront en mesure de démontrer leurs talents artistiques. Il paraît tout à fait normal qu’on revitalise et solidifie la relation culturelle entre Bénin et Haïti. Nous accordons une importance capitale à l’initiative de Mme Nahum, qui veut aider à l’expansion et l’avancement de la culture haïtienne sur le continent Africain. Nous devons profiter de l’opportunité qui nous est offerte aujourd’hui, à travers ce projet « pont culturel entre l’Afrique et Haïti ».

Considérant cette grande possibilité, nous exhortons nos musiciens (toutes tendances confondues), nos peintres, nos artisans, nos poètes et nos écrivains, à peaufiner leurs œuvres pour que nous puissions bien exhiber notre richesse culturelle dans toute sa diversité sur le continent africain. Une nouvelle ère semble s’ouvrir. D’ores et déjà, nous remercions notre amie, Mme Nahum, pour l’intérêt qu’elle manifeste envers Haïti et sa diversité culturelle. On doit toujours se rappeler de ce proverbe gabonais: Un seul doigt ne lave pas le visage : L’Union fait la force.

© Radio Télévision Caraïbes


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