En vérité : Le nœud Ppea-II dénoué !

Le député Barthélémy Kassa le 6 avril 2016 lors de la cérémonie d'investiture du président Patrice Talon.

Le scandale Ppea-II a bu de l’eau. Au bénéfice d’un non-lieu prononcé par le juge d’instruction du deuxième cabinet du tribunal de première instance de Cotonou, Rodolphe Azo, quatre célèbres cadres en détention préventive dans le dossier ‘‘Programme pluriannuel du secteur de l’eau et de l’assainissement ont été libérés. Un flop pour lequel, ces personnes ont été vilipendées, jetées en pâture à la vindicte populaire et privées de leur liberté. D’après l’ordonnance du juge en date du mardi 16 mai 2017, il n’y a pas matière à poursuivre le coordonnateur du projet Ppea-II, son adjoint, le directeur des affaires financières et celui de la programmation et de la prospective.

En somme, trop de bruits pour rien. Une tempête dans un verre d’eau. Le juge en première instance a donné son verdict. Les trois milliards de financement des Néerlandais pour le Ppea-II n’ont pas été dilapidés. Les réaffectations de crédits le long du processus étaient conformes à l’orthodoxie financière et l’ont été sur autorisation expresse des ministres compétents. A moins qu’il y ait appel et revirement, il faut retenir qu’il n’y a donc pas de détournement de derniers publics. Le dossier est vide. Les dénonciateurs, sans preuve, l’auront appris à leurs dépens. Un rapport d’audit fut-il du cabinet Kroll, n’est pas une décision de justice. Grand gagnant, même s’il n’était pas poursuivi, de cette sombre et nocive affaire judiciaire, Barthélémy Kassa peut respirer.

Au milieu du brouhaha Ppea-II et des cabales depuis mai 2015, l’ancien ministre de l’énergie et de l’eau a gardé une sérénité à toute épreuve et son sourire légendaire. Que comprendre à présent des mandats d’arrêt internationaux décernés dans ce dossier par l’ancien régime et la décision de commettre le cabinet Kroll à l’effet d’auditer la gestion du Ppea-II après l’ouverture d’une information judiciaire ? Est-ce pour éteindre le feu et contenter les Néerlandais que des coupables tout désignés ont été trouvés par le système Yayi et livrés en moutons de sacrifice ? Peut-être même que, dans ce dossier, ceux qui ont décelé des relents de règlement de compte politique n’ont pas totalement tort.

Ce n’est pas marrant. Deux ans de soupçons, de péripéties et de questionnements, et à l’arrivée, la montagne Ppea-II accouche d’une souris. Si la décision du juge ne fait pas l’objet de la saisine de la chambre d’accusation et reste en l’état, il faut vraiment être navré pour toutes les victimes de ce dossier.

Bien évidemment, aussi potable et limpide que peut être le verdict du juge, il en restera des Béninois qui refuseront l’évidence. Mais, le droit a parlé. L’épilogue de l’‘‘Affaire Ppea-II’’ restera, sans doute, pour encore longtemps, une énigme. Des profondeurs des bas-fonds Ppea-II, il n’y a pas eu de la boue à extraire. A contrario, blanchis, les innocents qui y ont été enterrés, en ressortent la tête haute. Mais avant, pendant deux longues années, ils ont souffert le martyre. Eh bien, ils méritent que derrière eux, la triste page ‘‘scandale Ppea-II’’ soit à jamais refermée et que cessent les regards accusateurs. Enfin et on l’espère, pour passer à autre chose, sous le pont Ppea-II, l’eau peut couler !

Par : Angelo DOSSOUMOU

© Fraternité (BJ)


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