Au Ghana et au Bénin, la discrète mini-tournée africaine de la présidente suisse

Poignée de mains entre la présidente de la Confédération suisse, Doris Leuthard, et le président béninois Patrice Talon

Réserve de la diplomatie helvète oblige, rarement on voit la présidente de la Suisse se déplacer vers le continent africain. Un vide que la confédération helvétique semble vouloir combler avec cette mini-tournée ouest-africaine de Doris Leuthard, présidente du Conseil fédéral Suisse, qui l’emmène en visite à Accra au Ghana et à Cotonou au Bénin. En plus des carcans officiels du renforcement de la coopération bilatérale, la Suisse vient en terre africaine avant tout pour du business.

Rare déplacement de Doris Leuthard. La présidente suisse laisse derrière elle le climat alpin de son pays pour la chaleur de l’été africain. Avec ses visites « d’amitié et de travail » au Ghana et au Bénin, la chef de l’Etat suisse ne vient pas pour l’exotisme africain mais pour… du business !

Ghana: Plus d’or et de cacao… s’il vous plaît !

À Accra, Nana Akufo-Addo, le président du Ghana a reçu Doris Leuthard, arrivée lundi 10 juillet, au Flagstaff House,

La présidente du Conseil fédéral suisse a été reçu au palais présidentiel par le président ghanéen, Nana Akufo-Addo

le palais présidentiel. Outre la coopération diplomatique, les échanges ont porté sur les migrations, la politique énergétique et environnementale et sur le soutien suisse à la production durable d’ananas.

Et pourtant, en véritable VRP pour les entrepreneurs suisses sur place en prospection, la présidente de la Confédération suisse vient d’abord pour l’économie en général, pour le cacao et l’or ghanéen en particulier, dans ce pays devenu le premier partenaire de la Suisse sur le Continent devant l’Afrique du Sud.

Après le tête-à-tête entre les deux chefs d’Etat, élargi aux deux délégations, les deux pays ont signé une déclaration d’intention pour le lancement de la Plate-forme suisse du cacao durable, une structure dédiée au renforcement des « volets social, écologique et économique de la gestion durable dans le secteur du cacao ».

À lire aussi : Doris Leuthard lance la stratégie de coopération pour le Bénin

En chiffres, les échanges commerciaux entre la Suisse et le Ghana ont connu une montée en flèche entre 2016 et 2017 pour atteindre 2,38 milliards de francs suisses (2,4 milliards de dollars). Ces échanges sont tirés en partie par les importations suisses d’or ghanéen qui ont fortement augmenté de 81,6 % d’une année à une autre.

Bénin: Agro-business et plus si affinités

A Cotonou où elle est attendue ce mercredi 12 juillet au soir, Doris Leuthard ne vient pas les mains vides. Dans ses valises, une enveloppe de 6,8 millions de francs suisses (7,04 millions de dollars) destinée au programme d’appui à la gouvernance locale et décentralisation (ASGOL).

« Pour la période 2017-2020, la Suisse vient de mettre à la disposition du Bénin, d’une enveloppe financière de 78 millions de francs suisses, soit environ 46,8 milliards de FCFA [80,8 millions de dollars], qui servira à la mise en œuvre des projets et programmes retenus dans les secteurs traditionnels de concentration des interventions de la Suisse au Bénin », rappelle un communiqué du ministère des Affaires étrangères du Bénin

Mais la Suisse lorgne aussi le secteur de l’agriculture béninoise, principal revenu des recettes d’exportations du pays. Même si l’engagement de la Suisse au Bénin en 2017 n’est que de 20 millions de francs suisses (20,7 millions de dollars), Doris Leuthard devrait sans doute évoquer avec Patrice Talon, le président du Bénin, des possibilités d’accord dans les secteurs du coton (en pleine restructuration), de l’ananas, de l’huile de palme ou encore de l’anacarde. Une offensive discrète et peu médiatisée de la Suisse qui creuse lentement son filon en Afrique.

 

© La Tribune Afrique


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