Hymnes suisse et béninois ont retenti au parc La Grange

1er Août, cette année la Ville de Genève à décidé de célébrer le 1er août avec le Bénin, dont la fête nationale tombe le même jour.

Deux drapeaux rouges à croix blanche s’envolent dans les airs sur fond de cor des Alpes. Au parc La Grange, en ce 1er Août, les incontournables sont de la partie. Mais quiconque tend l’oreille peut aussi entendre le rythme imprimé par les percussions du Bénin. Dans le public, l’idée de Rémy Pagani, maire de la Ville de Genève, de cocélébrer la fête nationale suisse et celle du Bénin remporte un franc succès. «On fait un voyage au Bénin et en Suisse à la fois», s’enthousiasme Claude, trentenaire, employée de commerce, Genevoise d’origine congolaise.

En tenue on ne peut plus helvétique, portant des bretelles ornées d’edelweiss, Marlène Ruerat ne boude pas son plaisir. Elle a particulièrement aimé se déhancher sur les airs béninois à l’occasion du cours d’initiation mené de main de maître par Léçan Pot. «C’est décidé, au prochain apéro chez moi, on remet ça!» Evoquant le discours des opposants à cette cocélébration, la jeune femme balaie la polémique d’un revers de la main: «Bla-bla-bla… On peut partager un jour de l’année avec un autre pays! Ça vaut la peine d’être open-minded!»

«Pourquoi ne pas partager?»

Une ouverture d’esprit que salue aussi un duo d’amies, occupées à tester les instruments de musique traditionnels, tels que des sortes de maracas faites à partir de noix. «On découvre! Et les Béninois découvrent la culture suisse, se réjouit Geneviève Donzelot. Le 1er Août, c’est la fête nationale de nos deux pays. Pourquoi ne pas partager? Je trouve cette polémique stupide.»

 Dans la foule, les tissus colorés africains côtoient les T-shirts rouge et blanc. Même les poussettes pavoisent aux couleurs de la Suisse et de Genève. Pour les gourmands, les frites de banane plantain et le jus de bissap concurrencent le cervelas et la bière. Sally, elle, en profite pour s’offrir des tongs, sur l’un des stands consacrés à l’artisanat de la république d’Afrique occidentale.

Lampions à gogo

A quelques pas de là, l’atelier de fabrication de lampions ne désemplit pas. «Nous avions 200 lampions blancs à décorer, explique Nola Riondel, responsable de l’atelier. En moins de deux heures, tout est parti, il n’en reste plus que quatre…» La petite Myriam, 5 ans, fait partie des chanceux. Elle porte fièrement sa création: «J’ai bien aimé coller les papillons», précise-t-elle, les yeux entourés de paillettes.

Sur les scènes, les concerts s’enchaînent quand vient le temps de la partie officielle. A l’heure du lever de drapeau, derrière le Big Band Harmonie des Eaux-Vives s’élèvent au centre les couleurs du Bénin (le vert, le jaune et le rouge) encadrées des étendards suisse et genevois. Saluant dans son discours «une véritable collaboration d’égal à égal entre Genève et le Bénin» pour l’organisation des festivités, Rémy Pagani fustige les oppositions «racistes» à son 1er Août.

Le conseiller municipal MCG Jean-Philippe Haas, présent dans l’assistance, fulmine: «Je trouve ça scandaleux. C’est un manque de respect des institutions. Et puis, ce n’est pas parce qu’on est patriote qu’on est raciste.» Après l’hymne national suisse, l’harmonie entonne celui du Bénin. Pas de quoi faire frissonner le conseiller municipal UDC Eric Bertinat: «J’ai découvert l’hymne béninois et je ne me sens pas moins Suisse après qu’avant.»

On quitte les lieux une odeur de raclette plein les narines. Et le bruit des pétards dans les oreilles. Dernier coup d’œil au cortège qui se prépare. Aux lampions confectionnés sur place s’ajoutent les 400 venus d’une école du Bénin.

© Tribune de Genève


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