Bénin : les agents de l’administration publique et les magistrats en grève pour protester contre la suppression de leur droit de grève

Manifestation sociopolitique à la Bourse du Travail le vendredi 13 octobre 2017 à l'appel d'une coalition de syndicats et mouvements politiques réunis au sein du Front pour le Sursaut Patriotique (FSP)

Le gouvernement béninois est confronté cette semaine à une rude épreuve de la grogne des confédérations et centrales syndicales de l’administration publique qui réclament l’abrogation des dispositions de la loi portant sur le statut général de la fonction publique qui suppriment l’exercice de droit de grève aux agents de la justice, de la santé, de la sécurité et aux magistrats, a constaté lundi un correspondant de Xinhua à Cotonou.

Depuis le vote de loi retirant le droit de grève à ces catégories de fonctionnaires béninois le 28 décembre 2017, par les députés de l’Assemblée nationale béninoise, la grogne syndicale est montée d’un cran dans les administrations publiques du pays, alimentée par des mouvements de revendications, notamment des sit-in, des déclarations à l’emporte-pièce des secrétaires généraux des confédérations et centrales syndicales, et mêmes des grèves paralysant plusieurs secteurs de l’administration publique.

Ainsi, depuis lundi matin, l’administration publique tourne au ralenti avec le démarrage de la deuxième semaine de grève de cinq jours sur cinq, sans service minimum, déclenchée la semaine dernière par l’Union nationale des magistrats du Bénin (UNAMAB), pour protester contre le retrait de leur droit de grève.

Le 2 janvier 2018, lors de l’examen de la loi portant sur le statut de la magistrature, l’Assemblée nationale a retiré le droit de grève aux magistrats par une disposition introduite dans cette loi.

Outre les magistrats qui ont ouvert le bal des grèves pour cette semaine, quatre organisations syndicales du secteur de la justice en arrêt collectif du travail de 72 heures, depuis le 2 janvier, reconduisent dès mardi, ce mouvement de paralysie de ce secteur pour réclamer leur droit de grève.

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De même, toutes les centrales et confédérations syndicales, animant la vie sociale des travailleurs béninois, ont également décidé d’observer pour compter de ce mardi 16 janvier, d’une grève générale dans l’administration publique béninoise, pour exiger des autorités politiques du Bénin, notamment des législateurs et de l’exécutif, l’abrogation pure et simple des dispositions retirant le droit de grève à certains travailleurs béninois.

Pour le collectif des organisations syndicales du Bénin, le droit de grève est reconnu par la Constitution du 11 décembre 1990 en son article 31 : « L’Etat reconnaît et garantit le droit de grève. Tout travailleur peut défendre, dans les conditions prévues par la loi, ses droits et ses intérêts soit individuellement, soit collectivement ou par l’action syndicale ».

Face à cette montée des troubles sociaux dans le pays, le gouvernement s’en remet à l’arbitrage de la cour constitutionnelle, la plus haute juridiction en matière de la constitutionnalité des lois dans le pays.

« Le gouvernement a pris acte de ces dispositions retirant le droit de grève aux agents de la justice, de la santé, de la sécurité et aux magistrats et attend les délibérations de la Cour constitutionnelle à ce sujet. Et si ces délibérations sont favorables à ce que l’Assemblée nationale a décidé, le président de la République promulguera ces lois », a affirmé le ministre béninois de la Justice, Joseph Djogbénou, lors d’un récent point de presse à Cotonou.

© Xinhua

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